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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 19:40

Rappelons tout d'abord le principe de ce raid multisport : une équipe de 3 personnes, en l'occurence moi-même flanquée de Margot et Sylvie, dont 2 sont en course pendant que la 3° fait l'assistance. Et l'assistance, ce n'est pas de tout repos. On peut changer de coureur à chaque changement de discipline. On doit s'arrêter tous les soirs entre 18h et 6h, là où on est. On est suivi par une balise GPS, pas de triche possible. Cette année au programme : enchaînement sur 6 jours de course à pied, VTT, roller, canyoning, kayack, rando aquatique et course d'orientation. Il y en pour tous les goûts.
Il y a 3 niveaux de parcours : extrême, raider et aventure, en fonction des portes horaires de passage à certains points. On part tous en extrême, puis on bascule sur les autres circuits plus faciles si on ne va pas assez vite.
Il y a cette année 16 équipes, dont 1 seule Féminine, nous, l'équipe RUN ESCAPADES.



                                             


Phase primordiale : la préparation du matos : Tout doit loger dans notre fourgon d'assistance, qui sert aussi de cuisine, de séchoir et de lit. Il faut y caser 4 vélos (3 country et 1 descente), 1 cantine pour la bouffe + 1 grande glacière, un trépied au gaz, les affaires de canyoning, roller etc + les affaires perso, et de quoi dormir un peu confortablement dans le fourgon, tout ça x3. Bref, c'est plein. On installe des cordes à linge sous le toit pour tout faire sécher.
                                                                                                    
Briefing : Puis direction Cilaos pour le briefing la veille du départ. On découvre le parcours. Je passe la soirée à tracer les cartes d'après le raid-book, surtout bien placer les CP de pointage. Il serait dommage d'en louper ou de les chercher.

Le raid :
10 mai : Dimanche 4h, départ sur la place de Cilaos. C'est Sylvie et moi qui ouvrons le bal avec un aller-retour Cilaos - Piton des Neiges. C'est le seul trail que je ferai. Sylvie est plus rapide que moi en trail, donc nous nous encordons et elle me tire dans la montée. Ca aide, mais ce n'est pas agréable d'être tirée. Pour une fois j'ai pris des bâtons. Puis on double pas mal dans la descente. C'est là qu'on reconnaît les réunionnais par rapport aux Zoreilles fraichement débarqués. Et nous avons un avantage évident sur eux : on connaît bien les sentiers. On trouve facilement le CP intermédiaire, pendant qu'il y en a qui doivent le chercher. On pointe 6° sur 16 à Cilaos, on ne devrait pas finir dernières !
                                                        

                                   

Margot et Sylvie prennent le relais pour un petit trail : Cilaos - Ilet à Cordes - Piton de Sucre. J'ai juste le temps de faire la route en fourgon et préparer les affaires de canyoning. Et nous embarquons Margot et moi pour Fleur Jaune intégral. Je passe en tête et je porte le sac, il y a tout un tas de matériel obligatoire à trimbaler. Les cordes sont toujours installées en double. Dès que je suis prête à descendre, je passe l'autre corde à Margot et vérifie systématiquement son harnachement. Je n'ai jamais fait Fleur Jaune aussi vite. Il y a beaucoup d'eau, on en prend plein la tronche. Puis nous avons une marche dans la rivière. Il faut trouver le bon passage avec toute cette flotte. Enfin le dernier rappel de la Chapelle de 130m. C'est superbe, mais là, qu'elle est lourde la corde ! Le descendeur est carrément brûlant avec les frottements. Puis c'est le sentier de remontée de la Chapelle vers Cilaos, en portant la combi mouillée. Mais mon sac a tellement frotté contre la roche dans les cascades qu'il a un énorme trou au fond et le bidon étanche passe. Je ferai la remontée avec le bidon à la main, ça commence bien !

Puis au programme c'est trail de Cilaos à Plaine des Cafres par le gîte du Piton des Neiges, avec une porte horaire à Mare à Boue. Je suis de repos. Comme je fais le même trajet en fourgon, je passe devant la case. Donc dodo à la case, pendant que les copines dorment dans la cabane de Kervéguen, tout là-haut. Mais faire l'assistance n'est pas la joie. Comme je n'aime pas ! Faire sécher tout le matos de canyoning, préparer les vélos pour la suite, faire le cuistot pour 3 affamées qui ne magent pas tous la même chose en course et être à 6h à la Plaine des Cafres. En fait je ne chôme pas.

Les filles loupent la porte horaire de 20mn pour rester en extrême. L'organisation leur propose quand même de rester en extrême, mais elles choisissent de passer en raider. Je pense qu'elles ont eu raison, car si on dépasse déjà les temps au début, on va basculer en raider après.

Voilà la 1° épreuve de vélo, pour Sylvie et moi. Montée au Nez de Boeuf sur la route volcan, dont une partie en piste, puis descente de la rivière des Remparts vers St Joseph, puis remontée à Grand Galet le long de la rivière Langevin. J'ai d'abord fait très fort. En arrivant au pointage au Nez de Boeuf, je croyais avoir détaché mon pied de la pédale auto, et bien non. Je me suis donc étalée à un endroit tout plat, devant tout le monde et devant la caméra... Puis nous étions tellement sûres de nous, qu'on n'a pas pris le bon chemin. Je m'en suis rendue compte tout de suite heureusement. Puis c'est la descente vers la rivière, avec les 400 premiers mètres de dénivelé tellement raides qu'il faut porter le vélo. Là j'ai vraiment galéré, j'en ai bavé. C'est le passage que j'ai trouvé le plus dur dans le raid. Que c'est lourd un VTT ! Le sentier est très étroit, avec le vide d'un côté, et des virages très serrés, et des gros rochers et j'en passe. Quel plaisir dès qu'on a pu enfourcher nos montures ! Bonne descente.  Arrivé dans le fond de la rivière, c'est le sable. Je l'avais fait il n'y a pas longtemps. On a dégonflé les pneus et on est passé comme une fleur. Il y en a qui ont poussé les 10 km. Puis un petit sentier qui remonte la berge, pour rejoindre Langevin. Là c'est de la route, avec 2 superbes montées que j'ai faites à pied. La pente des rampes est raide. Combien ? Je ne sais pas, mais c'est raide !

Puis un nouveau trail de Grand Galet - Plaine des Sables - Piton de l'Eau - Plaine des Palmistes. Je fais l'assistance et ai encore la chance d'aller dormir à la maison. Les copines dorment juste avant lalaine des Sables, en haut de la rivière Langevin. De mon côté, je ne sais pas du tout quand elles vont arriver. Il y a une porte horaire à l'oratoire Ste Thérèse, elles y passent 3h avant, donc on est toujours en raider, à l'aise. Du coup le circuit passe par le Piton de l'Eau.

Quand elles arrivent, c'est transfert en fourgon à Bassin La Paix, la belle cascade de la rivière des Roches à St Benoit. On y arrive sous la pluie. Du coup, l'épreuve suivante de randonnée aquatique et kayack jump (descendre les cascades en kayack) est annulée. Dommage, je voulais faire le kayack jump. Nous continuons les plaisirs par une tyrolienne Margot et moi, pour passer la grande cascade. La difficulté est de se décrocher du cable de la tyrolienne une fois arrivé en bas. Margot se retrouve un pied attaché en l'air et la tête sous l'eau. Pas très confortable. Elle finit par s'en sortir. A mon tour. Comme je suis légère, j'arrive tout au bout du cable. Je dois bien être la seule. Mais là, je n'atteinds pas les rochers avec mes pieds, je suis trop petite. Si je me décroche, je me fracasse sur les rochers. Je suis obligée de faire marche arrière pour me décrocher au-dessus de l'eau, et plouf. Puis arrivent les 2 kayacks par la même voie des airs. Ce sont des kayacks raft, passe-partout. On descend la rivière jusqu'à l'embouchure. Je ne connais pas cette portion, c'est très beau. Nous rencontrons des pêcheurs de coquilles, qui pêchent au masque. Il y a peu d'eau, on est souvent obligé de descendre du bateau et pousser. C'est assez éprouvant. Pour faire bouger notre poids dans le bateau et éviter qu'il s'échoue, on adopte plein de positions différentes : assis, couché, à genou etc. A un moment, on passe dans des buses sous le radier juste en amont de l'ancienne RN2. Enfin l'embouchure.

Là nous n'en avons pas fini avec le mileu aquatique, et on change d'embarcation. Toujours le même couple, Margot et moi, cette fois dans un kayack 2 places en plastique, c'est stable mais lourd. Il faut passer la vague de l'embouchure. Aucun problème, je maîtrise les commandes à l'arrière, tandis que Margot n'en mène pas large devant. Cap plein nord, notre destination est Ste Marie, à 30km. Au bout d'1h30, on est à l'heure fatidique de la pause bivouac. On beache (=accoster, ça s'appelle comme ça) sur les galets de Champ Borne, à St André. Il faut repasser la vague dans l'autre sens, toujours de main de maître. Sylvie a le droit de nous rejoindre avec le fourgon. On plante la tente à côté des ruines de l'église, le kayack passera la nuit sur la "plage". Et une bonne douche au robinet du cimetière voisin. A 5h du mat passent des pêcheurs qui nous réveillent car on n'a pas le droit de camper là évidemment. Ah, le raid, ils comprennent.

On repart Margot et moi debon matin. Revague à passer. Mais là, beaucoup moins de succès que la veille. On n'y arrive pas du 1° coup et on chavire plusieurs fois. On perdra notre bouteille d'eau qui n'était pas attachée. Margot a la trouille, elle veut capituler et rejoindre Ste Marie à pied ! Encore une tentative qui sera la bonne, la persévérence paye. Et c'est reparti pour 4h de pagayage, sans eau. En fait je me rends compte qu'on a beaché à un des plus mauvais endroits, ce qui me sera confirmé par un organisateur après, la fameuse vague est beaucoup plus petite après l'église de Champ Borne. Ah ces réunionnais qui ne connaissent pas leur mer !

On arrive au port de Ste Marie, il faut le connaître car on ne le voit pas du tout depuis la mer. Mes bras vont-ils se reposer ? Que nenni. J'enchaîne sur une belle montée en VTT, après une douche à la bouteille pour me dessaler. Donc voilà la montée de la route du piton Fougère. Réputée raide. Effectivement, j'en fais un bout à pied. On sent la fatigue, car normalement c'est montable. On est même arrivé à se tromper de chemin et à rallonger la montée, tant qu'à faire, car le raid book ne prend pas la ligne droite. Sylvie me tire dans la partie basse. Pas facile d'être tirée en vélo, la corde ne doit pas se prendre dans les roues des vélos.

Puis c'est un trail avec la montée vers Piton Fougère et redescente sur Bé Cabot dans le fin-fond du cirque de Salazie. C'est pour Margot et Sylvie. J'ai juste le temps de faire la route en fourgon. Il faut dire qu'elles ont oublié la carte et se trompent de chemin. Elles m'appellent pour savoir s'il faut tourner à gauche, mais elles sont incapables de me dire où elles sont et il y a des sentiers partout sur ce piton. Il ne fallait pas tourner à gauche. Elles ont pris un sentier plus court, et nous écoperons d'1h de pénalité.

On reprend les vélos Margot et moi vers le col des Boeufs. On monte un peu à pied à Mare à Martin, la partie la plus raide. Après ça va. Margot me donne la tente à porter. On s'arrête à 18h pile à 10mn du terminus, à Bord Martin. On a une bonne place avec un kiosque. Un organisateur passe une minute plus tard, oui oui, on a bien respecté le règlement. Je m'enfile ma barquette de pâtes froides, plus celle de Margot. Il commence à pleuvoir. Nous avons une toute petite tente de raid, très légère et... qui prend un peu l'eau. Je dors quand même comme un loir. Nous sommes haut, et il faut remettre les vêtements froids le lendemain matin dans la nuit. Brrr ! 10 mn après, nous sommes au CP.

Direction le Maïdo par 3 Roches en trail, où il y a normalement un canyoning dans la superbe cascade de 3Roches. Malheureusement, il est annulé à cause de la pluie de la veille. Dans un sens, il n'y a pas le matos de canyoning à porter. Du coup, c'est Sylvie et Margot qui le font.

Je les retrouve donc au Maïdo pour une descente VTT jusqu'au Tour des Roches. C'est le tracé de la Mégavalanche. Que du sentier, pas forcément balisé. J'ai habité plus de 10 ans dans le coin, pas besoin de carte. D'ailleurs une équipe de garçons qui passent en même temps que nous l'ont bien compris et nous suivent. Sylvie prend le VTT de descente. Aussitôt parties, mon vélo n'a plus de frein arrière ! Je vais déguster à faire 2000m de dénivelé sur le frein avant ! En plus, je perds carrément la roue arrière dans les champs de cannes. Avec les vibrations elle s'est desserrée. Plus de peur que de mal. On descend tout de même une partie en haut à pied, car c'est raide, très glissant avec la pluie de la veille, et ça longe de charmants barbelés. En bas au Tour des Roches, le CP n'est pas évident à trouver, mais je connais le coin. On termine au cimetière marin de St Paul.

Là c'est transfert en fourgon à St Leu, l'épreuve de roller sur la route des Tamarins ayant été annulée. Dommage, ces 0km m'auraient plu. C'est remplacé par du VTT, encore,  dans les hauts de St Leu. Nous devons repartir à 17h30 de St Leu. Nous avons 2 options : ou on part avec la tente et on s'arrête 1/2h après pour bivouaquer, ou on part le lendemain à 6h sans la tente. On a 1800m de grimpette à faire, on choisit l'option 2. Nuit sur la plage du coup ? En plein Tempo Festival à ST Leu, c'est rapé. Nous préférons un parking très tranquille à l'école des Colimaçons, tout près du départ de demain matin. Sylvie dort dans le fourgon et Margot et moi installons des lits picot, on a tout prévu dans notre logistique, pour une nuit à la belle étoile. Au réveil le lendemain matin, j'ai changé de voisine ! Je ne me suis aperçue de rien tellement je dors bien. Margot avait tellement la trouille qu'elle s'est réfugiée dans le fourgon au miieu de la nuit. 


Pour cette dernière étape de VTT. on monte jusqu'à la route forestière des Tamarins, pour redescendre à Croc Parc à l'Etang-Salé par le Tévelave. Margot et Sylvie s'y collent, je bave d'envie en les voyant partir dans la nuit. Me revoilà au volant du fourgon, pour apprendre que Margot n'en peut plus, elle monte tout à pied, et à la bifurcation circuit Aventure - Raider, elles tourneront à droite dans l'Aventure sur la route Vaudeville, pour ne pas monter les derniers 200m de dénivelé vers la route forestière des Tamarins. Quel dommage ! On se retrouve donc dernières, avec le plus long temps en Aventure... puisqu'on a fait presque tout le parcours Raider, donc plus long que les autres Aventures (Piton de l'Eau, Piton Fougère et Col des Boeufs en plus). Mais c'est la règle. On passe d'un coup de la 11° à la 16° place, à 4h de la fin.

Dans la forêt de l'Etang-Salé, nous attend une course d'orientation. Je pars avec Sylvie. J'ai la carte et la boussole, et Sylvie connaît la forêt comme sa poche. On torche ça en 4 coups de cuillère à pot. Fastoche.

Ultime épreuve : le roller, du golf à la plage. Ben oui quoi, du roller sur le sable ! Toujours pour Sylvie et moi. Ce n'est pas long, par la piste cyclable de la route du Gouffre. On finit juste avant le port, d'abord dans les rochers puis sur la plage. On a dû emmener des chaussures avec nous.

Et voilà l'arrivée où Margot nous rejoint. Il est vendredi midi. 340km, 16000m de dénivelé et 5 jours et demi de belles aventures. Merci à mes équipières, et à tous ceux qui nous ont aidées : RUN ESCAPADES et VEOLIA PROPRETE La Réunion. Nou artrouv dans 2 ans !

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commentaires

R
Bravo Isabelle pour ce récit au coeur de l'action ! Le plus dur ? les 555 de désert ou l'enchainement de toutes ces activités sur 6 jours ?et le programme pour 2010, le Népal ?
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S
bravo pour cette superbe course et pour le non moins formidable récit qui l'accompagne. Bonne récupération
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