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25 octobre 2007 4 25 /10 /octobre /2007 14:34

 

 

 

 

151km d+/- 9200m… et quelques tonnes de boue sur les sentiers.

 

 

 

 

En 2000 j’avais fait 523ème en 32h41, en 2001, 317ème en 30h12, en 2002, 276ème en 30h39 et en 2006, j’ai bâché à 30 bornes de l’arrivée pour cause de tendinite aiguë d’un releveur, alors que j’étais sur des bases de 32h et à la 178ème position.

 

 

 

 

2007 s’annonçait donc un peu comme une revanche, avec le désir mélangé de bien faire sans me faire mal. Aller au bout restant la priorité.

 Une saison bien chargée volontairement, et quelques grosses sorties dans les 3 derniers mois me permettent d’envisager sereinement cette édition 2007 qui s’annonce particulièrement dure. Je n’ai aucun bobo, pas de début de tendinite à l’horizon. Juste un peu de fatigue à cause d’une grippe 3 semaines avant et les 3 dernières nuits avant la course qui ont été un peu courtes. Il y a du monde au magasin, et en plus de mon stress, je prends en pleine poire celui de mes clients qui arrivent à la dernière minute pour peaufiner leur équipement.

 

Line qui va faire son premier grand raid est aussi un peu sur les nerfs… Elle se plaint du dos, doute de finir, dit qu’elle n’est pas prête.

 

Jeudi 18. Je ferme la boutique vers midi et je rentre à la case. Un peu de riz chauffé, et au lit.

Je somnole vaguement aux côtés de Line, et nous décidons de nous lever vers 17h. Le départ est à minuit, et on a de la route à faire.

 

Je vais chauffer un café. Line m’appelle : son dos est bloqué. Lumbago .

Merde !

 

 

On appelle notre ostéo, y’a urgence. Il peut la voir à 18h30. ça tombe bien, il est à St Paul, là où des amis doivent passer nous prendre.

 

Je prépare nos bagages et nous descendons à St Paul. L’ostéo manipule prudemment Line et nous allons attendre notre taxi au bord de la baie de St Paul. Line souffre. Je l’allonge sur un banc et lui dit de souffler, de se détendre. La manipulation faite, il reste toujours les inflammations du lumbago.

 

 

En voiture vers le sud. Ça papote grand raid, et deux heures après nous arrivons à St Philippe.

 

Line a du mal à sortir de la voiture. Je lui conseille de rester allongée pendant  l’heure qu’il nous reste avant le départ.

Elle arrive ½ heure avant sur le stade. Elle a l’air d’aller mieux. Je suis très inquiet quand même.

Tous ces mois d’entraînement, toute cette préparation. Elle tient à prendre le départ, et avisera si ça se passe mal. Bravo ma Poupette, tu es très courageuse.

 

On remplie nos poches à eau et nous allons rejoindre la foule des raiders qui piaffent d’impatience. J’aimerai me poster plus vers l’avant, mais nous sommes arrivés tard et Line n’ose pas trop faire le forcing. On se retrouve donc en plein milieu de la foule.

 

10, 9, 8, 7 les premiers n’attendent pas et les fauves sont lâchés. On se retrouve emportés par la masse, broyés, comprimés. J’ai peur pour Line qui doit lutter des coudes et des épaules du haut de ses 1,55m…

On sort enfin du stade et on commence à trottiner sur la route nationale.

« ça va ma doudou ? Ton dos ? »

« C’est bon, mais c’est de la folie ce départ ! »

 

Je cours tranquillement à ses côtés pendant 2 kilomètres, et puis je décide de partir à mon rythme. Un bisou, quelques recommandations, et c’est parti.

 

 

Je suis arrivé maintenant au début de la route forestière. Une dizaine de km de montée régulière jusqu’à 600m d’altitude. J’applique la « méthode Cyrano » : 15’ de footing / 1’ de marche. Je double en permanence. Bonnes sensations, mais je suis très vite trempé comme une soupe. Il fait chaud cette nuit.

Au début du sentier, je prends le temps de refaire le plein, à l’écart de la foule, calmement. J’entame cette portion avec prudence. Il nous faut monter jusqu’au volcan, à plus de 2000m, en file indienne dans une ravine, sans possibilité de doubler ou presque. L’an dernier, j’avais laissé beaucoup de jus en essayant de dépasser coût que coûte. Prudence.

 

 

On sort enfin de la forêt, et le froid me picote le bout du nez. Je fais une pause vestimentaire.

 

J’enfile le bonnet, les gants et mon coupe vent. Un copain qui est en poste au volcan m’appelle et m’annonce 3° là-haut.

 

 

Petit à petit, le jour se lève. C’est magique. D’abord un trait rougeoyant à l’horizon sur une mer de nuage, puis une belle lumière qui vient inonder le site du volcan et réchauffer nos carcasses. C’est marrant, les coureurs se mettent à parler, imitant les oiseaux qui pépient autour de nous. Le jour se lève sur une grosse journée pour tout le monde. Je jette un coup d’oeil en contrebas. J’ai une pensée émue pour ma Poupette. Elle doit serrer les dents.

Allez ma Doudou ! ça va le faire.

 

 

Un gars est enroulé dans sa couverture de survie, livide.

 

« ça va ? »

« je me suis cassé la jambe, j’attends les secours… »

« ok, bon courage »

Dommage. Faut dire que ça glisse pas mal dans le coin, un vrai marécage par endroits.

 

 

Foc-Foc : ravito, km 23 et 2300m d’altitude. Une bonne chose de faite ! Nous sommes à présent au bord de l’enclos du volcan. C’est magique ! C’est pour moi la plus belle partie du raid. Je ravitaille, resserre mes chaussures, sors mon coupe vent et repars vers la route du volcan, prochain ravito, plus complet, où m’attend mon assistance.

 

 

J’ai un début d’ampoule au pied gauche. Chaussure mal serrée depuis le début. On verra ça plus tard. Je trottine, je relance doucement, je marche dans les petites bosses, je gère.

 

 

Route du volcan, km 31. 6h23’. Ça fait une bonne demi heure de plus que l’an dernier. C’est bien, c’est ce que je voulais. Ne pas trop bombarder sur cette première montée. Ce sera long pour arriver à St Denis ! Michel qui tient le poste informatique m’annonce 697ème.

 

 

Je retrouve notre poste d’assistance « A2R ». Maud m’aide à ravitailler. Je retrouve là Le Doc et Steph. C’est super ça ! Nous sommes en équipe tous les trois, et je trouve ça super de se retrouver là ensemble. Steph repart le premier et je lui emboîte le pas quelques minutes plus tard. Le Doc gère ses pieds. Je file.

 

La plaine des sables est toujours aussi belle et je savoure ces quelques kilomètres de plat relatif. Il y en aura peu jusqu’à l’arrivée.

Je gravis l’oratoire Ste Thérèse sans difficulté, au train. Enfin un peu de descente. Ça fait du bien à mes gambettes. Je trottine gentiment jusqu’au prochain ravito.

 

 

Piton Textor. Km 40.

 

 

Je retrouve là aussi une assistance. Hélène et son mari qui me passent mes affaires. Je décide de me poser un peu, et de soigner mon début d’ampoule. Steph repart quand j’arrive. Je sors mon collant, mes manchettes. Je mets une double peau sur mon début d’ampoule, je savoure un bon café tout en refaisant le plein de boisson et de gels. ½ heure d’arrêt. J’essaie de joindre Line, mais je tombe sur sa messagerie. Pas de réseau… Je repars avec Le Doc. Je le suis un moment, puis le double et file vers Mare à boue.

Mare à boue. Km50. 700ème. Il est 9h30.

 

Steph ravitaille. Je repars avec lui, alors que Le Doc décide de se pauser un peu. Je sors mes bâtons. Ils vont être très utiles dans l’interminable montée du coteau Kerveghen.

 

D’habitude, le coin est toujours un peu gras. Là, après 4 jours de pluie, c’est Verdun !

J’ai beau adopter un rythme de croisière, je sens que je pêche un peu. Steph part devant, je le rattrape quand ça bouchonne, mais il repart mieux. Je gère…

Cette portion va m’user les piles. J’arrive enfin au ravito.

  

 

Kerveghen. Km 59. 12h04.533ème.

 

 

Je ravitaille très vite car il fait froid, et j’ai hâte d’en finir avec cette montée. Il nous reste encore à gravir le sentier pourri qui nous mènera au point culminant de la course, au gîte du piton des neiges, à 2484m. Là, je suis carrément scotché. Pas de jus. Je me traîne.

Il me faudra pratiquement 1h pour faire ces 2,5km. Galère.

 

Arrivé au sommet je range mes bâtons pour la descente. Je préfère avoir les mains libres pour dévaler les 1100m de dénivelé négatifs qui s’annoncent.

Je connais bien cette descente. Technique sur son premier tiers, elle est très roulante après.

Bon, d’accord, d’habitude, c’est plutôt praticable, mais là, c’est gluant jusqu’en bas.

Je descends en souplesse. Je mettrai à peu près une heure pour arriver à la route.

Je bois un verre de coca, et je file sur Cilaos en alterne marche et course pour décontracter les muscles.

 

 

Cilaos. Km 69. 14h30. Je pointe 513ème.

 

Je retrouve notre assistance. Steph est là. Il va se poser un peu. Il y a aussi Seb qui dort sur une couverture. Il n’a pas pu s’alimenter correctement depuis le début. Ses parents veillent sur lui. Je prends une assiette de pâtes et un peu de jambon au ravito et je file me changer. Une bonne douche, un petit somme de 10’. Je change de chaussures aussi. J’enfile mes Hardrock de Montrail. Spécial Mafate.

 

Je repars après 1h07 de pause. Je traverse Cilaos et me dirige vers le sentier des porteurs. Et c’est parti pour la descente vers bras Rouge. Au début du sentier, un contrôle volant me permet de constater que je suis toujours dans les 500. C’est cool ça.

Je rattrape le Doc qui a fait lui aussi une bonne pause à Cilaos. Il m’apprend que Seb est reparti et que Steph ne devrait pas tarder. Décidément, notre équipe est soudée.

Au fond de Bras Rouge, je ressors les bâtons et attaque la remontée vers le pied du Taïbit avec le Doc. Il décroche très vite. Passage à vide. Je me traîne encore en montée. Décidément, je n’ai pas trop de jus aujourd’hui.

 

 

Pied du taïbit. Km 76. 17h16. 481ème.

 

Devant moi, une des grosses difficultés de la course : le col du Taïbit. D+ 800m. Je bois un thé, mange une banane et je repars au moment où Steph arrive. Il me rattrapera. Il m’annonce que le Doc est en vrac et galère dans la montée…

Je monte tranquille en poussant sur mes bâtons. Comme prévu, Steph me passe. Il est facile. Vas-y mon gars, tant que ça roule, avance ! Je double malgré tout quelques raiders et arrive enfin en haut du col. La nuit tombe à cet instant. Je me couvre et je bascule dans Mafate.

Mafate, mon terrain de jeu, mon cirque adoré. Le sourire revient.

Dans la descente, je double une bonne trentaine de gars. C’est un peu technique, et il fait nuit.

Moi j’aime bien.

 

 

Marla. Km 82. 19h24. 425ème.

 

 

Steph a attaqué un bol de soupe. Je m’en enfile un aussi, agrémenté d’un ou deux petits bouts de poulet grillé, assis au milieu de têtes un peu fatiguées. Steph repart.

« à tout à l’heure ! »

Descente technique jusqu’au lit de la rivière des galets. Il fait bon, je me sens bien. Je suis chez moi là. Bon, d’accord, je me plante en traversant une fois de trop la rivière, mais je reviens vite sur le tracé.

Trois roches. Petit ravito. Je repars avec steph. Il nous reste trois bosses à passer avant d’arriver à Roche Plate où nous attendent Flo et J.Louis, nos ravitailleurs de chocs. Il y aura aussi d’autres amis qui vont nous bichonner.

Décidément, Steph a la pêche et me distance de 5 minutes.

 

 

 

 

Roche Plate. Km90. 21h54. 363ème.

 

 

 

 

 

 

 

Là, c’est le grand jeu. On a droit à du boudin et des saucisses grillés ! Flo et J.Louis s’occupent de mon sac, changent mes pilent, tout en surveillant la cuisson des grillades.

Je me tape même un petit coup de rouge. P…n ! ça fait du bien. Merci les gars !

 

 

 

 

J’ai eu des nouvelles de Ma Poupette régulièrement, jusqu’à ce que son gsm rende l’âme. Plus de batteries. Mais elle avance, à son rythme. C’est bien, elle tient le coup. Elle va bientôt repartir de Cilaos.

 

 

 

 

Je file à la douche et me tape un petit somme de 10’. Steph en fait de même et nous repartons après 1h15 d’arrêt. Je me sens bien, mais Steph a sommeil.

Nous descendons  vers « fond Mafate », par le fameux Bronchard. Faut rester vigilant. Les à pics sont vertigineux. On double pas mal de monde là-dedans. Nous voilà à nouveau au fond de la rivière des galets. Après un peu d’équilibre sur les galets humides et une échelle à flan de rocher, on attaque la fastidieuse remontée vers La Nouvelle. Là, faut pas se déconcentrer.

Le sentier est étroit, à pic, en surplomb. J’ai toujours du mal avec la montée, mais Steph reste derrière et me fait la causette, histoire de ne pas s’endormir.

 

 

 

 

La Nouvelle. Km97. samedi 1h24. 358ème.

 

 

 

 

 

 

 

Tiens, on a gagné 5 places en s’arrêtant une heure au dernier ravito… Les raiders sont raides. La deuxième nuit va commencer son travail de sape.

Il fait à peu près 2 ou 3° ici, ça caille un max ! Une soupe, deux soupes, un café.

« on y va Steph ? »

« ….sommeil » marmonne-t-il.

« Allez, si tu cales là dans le froid, tu vas pas repartir de sitôt. »

« humf…. »

 

 

 

 

C’est reparti. Tiens, il y a là aussi Cédric, une connaissance du forum. Il repart avant nous.

A peine reparti, je décide de mettre un collant. Steph qui a peur de s’endormir debout continue. Je peine à relancer. Il « file ».

Je m’arrache péniblement dans la montée vers la plaine  des tamarins. J’y arrive enfin. Là le sentier traverse un plateau à la végétation fantomatique. Je crois voir des coureurs, ce sont des troncs d’arbres… Et puis je m’endors. Oui oui, là debout, en marchant. Pouf ! Extinction des feux. Je manque me casser la gueule et pose in extremis mon cul sur un galet.

Ben mon gars, là, t’es pas clair. Je m’enfile deux guarana, je grignote un peu de pâte d’amande, et je repars, prudemment. Merde alors ! c’est pas le moment de dormir là.

A quelques centaines de mètres un grand feu illumine le sous-bois. Quelques bénévoles de la Croix rouge se réchauffent au coin du feu et avec un bon Charrette. Steph est affalé de tout son long.

« je cale un peu là, j’ai trop sommeil »

Je m’allonge à côté du feu. C’est mouillé par terre, les bénévoles braillent comme des putois.

Pas envie de ça. Je dégage.

« steph, j’y vais, tu me rattrapera, comme d’hab »

 

 

Je me motive. Plus que quelques mètres d’ascension jusqu’au col de fourche avant de basculer dans le cirque de Salazie et embrayer sur 1600m de D- dans Mafate, via le sentier scout.

 

 

En haut du col le temps est superbe, le ciel étoilé, je n’ai plus sommeil. Un gars est en papillote dans sa couverture de survie…

« ça va ? »

« mouais, petite pause, je suis cuit »…

  Je bascule de l’autre côté. Oups, prudence, c’est gras par là, et je ne suis plus très frais. Mais je rattrape quelques zombies. A la route forestière, petit bivouac sympa. J’y retrouve un fournisseur qui tient le poste. Je bois vite fait un bon thé chaud et je repars.

  Col de bœufs / sentier Scout. Km105. 4h18. 309ème. 

 

 

 

La descente m’a ravigotée, mon classement aussi.

Tiens !? Bérénice, la sœur de Yan au poste de ravito.

«  Yan a arrêté, mal au genou »

« merde ! »

« j’attends Le Doc, alors autant me rendre utile »

Elle m’aide à ravitailler et je repars.

Je croise aussi Cédric.

« ça va ? »

« ça va, ça va »

Il repart tranquillement.

Un dernier petit bout de pain, et je file.

  Je me sens bien. Je connais bien le terrain. Ça descend et j’aime ça. Je sens en moi un semblant de pêche qui revient. Il serait temps ! Le randonneur du début de course a laissé (enfin !) la place au compétiteur.

Ça va chier !

Le jour se lève doucement pendant que je déboule dans le sentier scout. Je rattrape Cédric, apparemment pas trop à l’aise dans les descentes.

 Aurère. Km 113. 6h40. 283ème. Yes !

 Après une petite remontée bien casse-pattes, j’arrive avec joie au ravito.

Je me sens bien. L’an dernier, c’est là que ma tendinite m’avait obligé à l’arrêt définitif.

 

 Encore une assistance A2R. Je déleste mon sac d’une deuxième lampe inutile, de ma veste de pluie (il fait beau), et de deux ou trois conneries qui pèsent pour rien dans mon sac. 10’ minutes d’arrêt, et c’est reparti. Steph et Cédric arrivent ensemble.

Je fais remarquer à Steph que l’on peut encore passer sous les 40h de course. Allez, on y croit ! je file.

Ce nouveau let-motiv en tête, je dépose encore pas de mal de raiders dans la descente vers Deux Bras.

 

Deux-bras. Km123. 7h54. 252ème.

 J’arrive là remonté comme une pendule. Le timing de ce que je dois y faire est minuté.

Je me change, remplie ma poche à eau, mange une orange et une banane, et c’est reparti.

23’ d’arrêt.

Une petite traversée de rivière un peu délicate, et j’attaque la terrible remontée vers dos d’âne (d+ 800m). Je me tape un ou deux gels, histoire de pas me faire un hypo et j’essaie de monter régulièrement, sans à-coups. Passé la première partie jusqu’à l’échelle et les mains courantes, je me retrouve à l’ombre. Le sentier est agréable. Une légère brise me caresse le visage.

Je me déconnecte de la course. Je savoure. J’écoute les oiseaux, j’admire les feuillus. Je souffle. Ti lamp ti lamp comme on dit ici, j’arrive à l’église de Dos D’âne en 1h30.

Comité d’accueil A2R, ça fait du bien. « allez Joël !! » C’est Flore, la copine de Steph et René. Ce dernier m’accompagne jusqu’au stade où se trouve le ravito. Il fait une chaleur à crever, et après deux nuits blanches, j’accuse le coup.

 

 

Dos d’âne. Stade. Km 130. 10h24. 246ème.

 

 

J’ai du monde pour m’aider, c’est sympa. René, Hélène et son mari. Ils me félicitent, me donnent des bonnes nouvelles de ma Poupette. Je suis hyper crevé, mais content. Je sais que je vais finir, et que Line aussi, beaucoup plus tard, mais elle finira, je le sais. 

 

 

Je me restaure à l’ombre d’une tente. Je remarque une raideuse, Muriel Denis que je connais comme cliente, et aussi pour ses bonnes places sur les courses de montagne. Je ne la savais pas adepte du GRR. C’est son sixième m’apprend-elle …

On repart ensemble.

La remontée vers « roche verre bouteille » est un vrai calvaire en cette fin de matinée très ensoleillée. Un chemin de croix. Je marche à 2 à l’heure. Muriel papote et me raconte sa course. Mais comment peut-elle encore parler ?!

On en finit enfin avec ce raidillon, et nous voilà sur la crête. Une dernière bifurcation sur la gauche : en route vers St Denis ! On papote, mais on reste dans le tempo. Bon, d’accord, en montant « piton batard », plus personne ne parle : mais c’est le dernier escalier vers la délivrance ! Quelques raiders nous remontent.

« dis donc, on va pas se faire reprendre les places durement gagnées quand même ! »

« t’as raison, allez, en footing jusqu’à l’arrivée » 

C’est vrai que je n’ai plus besoin de la hargne du compétiteur pour avancer. Je sais que là, je suis pratiquement arrivé. Je savoure.

Colorado. Km145. 13h43. 233ème.

J’aime bien Colorado. C’est le dernier ravito, c’est l’arrivée moins une heure.

 

Muriel a tendance a jouer relâche. Je la booste un peu pour finir en trottinant 

Ça y est , on voit le stade, on entend les commentaires du speaker.

On passe sous le pont, une dernière ligne droite sur la route qui mène au stade. Comme c’est bon. J’ai les larmes aux yeux. Les spectateurs nous félicitent, nous encouragent.

J’aperçois ma sœur et mon beauf, on rentre enfin sur le stade. Plus que deux cent mètres.

Domi, Soul et Taz sont là et me félicitent. Je laisse passer Muriel devant, et on franchit la ligne.

 

La Redoute. Km150. 14h49, 38h49 de course. 233ème. (14ème V2 / 167)

 

Je remercie Muriel pour son agréable compagnie, j’embrasse ma sœur, les copains. Ça y est, c’est fini. Mais quelle aventure, quelle course !

 

Je pense tout de suite à Line qui doit encore être quelque part dans Mafate. Courage, courage !

 

Steph arrivera 50’ plus tard et Le Doc dans la soirée, à l’arrache.

Notre équipe est allée au bout, ça c’est top !

 

Cédric finira aussi dans la soirée.

 

Un grand coup de chapeau à Line qui finit en 55h et trois nuits sans dormir sur les sentiers défoncés de La Réunion.

 

Bravo Ma Poupette. Belle leçon de courage.

 

 

 

 

 

 

 

 

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commentaires

M
Je ne sais plus quoi dire ; cela pourrait être banal , convenu.<br /> Mais il faut le dire et le redire : CHAPEAU !<br /> Belle course , beau récit....<br /> Bien cordialement , martine (Dossard 52)
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O
Bravo et merci pour ce super Récit !Total respect !!Olivier ("déchet" du GRR) lol
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S
bravo pour ce récit qui nous fait vivre le raid de l'intérieur. On en redemande... alors, on se le retente ?<br /> Seb
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