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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 15:57
On va y aller molo pour l'évangile, donc, pour une mise en appetit progressive, très chers ouailles, voici l'opus premier :

"AMT, embarquement immédiat"
.

 

DEHLI, Jeudi 10 Avril, 22h30,


 
 ça y est ! nous voilà immergés dans un univers nouveau et en complet décalage avec notre « chez nous ». ça grouille de toute part, autos, motos, camions et les assourdissants coups de klaxon. Le voyage fût long et les attentes assez pénibles. Nous sommes pourtant tous ravis d'être en Inde, le début d'une grande aventure...


Aujourd'hui, notre temps fût rythmé par de nombreuses siestes et par des repas gargantuesques. Par chance, que du « vegetable », c'est nouveau et bien épicé. L'estomac tient le choc, pourvu que ça dure !










KATMANDHU, Vendredi 11 Avril, 21h,



Nous sommes tous installés dans un magnifique hôtel, « Le Manaslu » au Nord Est de Katmandhu. Il semble y faire bon vivre. Mais que le Népal a l'air paisible comparé aux incessants coups de trompette Indiens... Nous avons passé la journée à voyager, départ à 10h30 depuis l'hôtel de Dehli et arrivée à destination vers 16h, juste pour l'heure du thé. La ville, pour le peu que l'on en ait vu, semble avoir des airs de Tana mais nous attendons patiemment demain qu'elle nous livre tous ses secrets. Je pense aux miens, auront-ils un jour l'opportunité de découvrir pareille merveille ? Je le souhaite tant, quel bonheur de pouvoir s'immerger dans des pays si différents, dans des endroits si singuliers, si lointains.



KATMANDHU, Samedi 12 Avril, 21h30,

 


Magnifique journée à vagabonder dans les quartiers de Katmandhu pour y découvrir ses trésors et y faire des rencontres surprenantes. Visite de DURBAR SQUARE et ses innombrables temples puis de THAMEL et ses nombreux commerces.


Une journée passée dans une ambiance sereine auprès de gens souriants, avenants. En fin d'après-midi, nous avons accueilli nos compagnons de course en provenance de Paris. Quel décalage, et pas seulement qu'horaire... Demain, contrôle des sacs et complétude des dossiers, l'AMT approche à « grands pas », vivement lundi !

 




La suite au prochain numéro !
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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 15:31
Vous avez fait montre d'une grande sagesse et d'une patience digne de Bouddha en personne. Aussi, je vous livre l'opus II de notre folle aventure au Népal, relatant les 3 jours de marche de liaison précédent la course :

L'AMT et ses préliminaires...


 

BIRETHANTI (Alt 1 080 m) - GHANDRUNG (Alt 1 967 m), Lundi 14 Avril, 18h30

 

 La voilà, notre première marche ! De liaison, certes, mais marche quand même. Depuis le temps qu'on voulait se dégourdir les pattes... Tout a démarré ce matin à bord d'un petit avion d'une trentaine de places qui nous a emmené à POKHARA . Le vol s'est déroulé sans appréhension, excepté une vilaine erreur commise par notre commandant de bord qui a opté pour un atterrissage musclé. Mais votre serviteur a fait preuve d'une grande maîtrise de soi pour ne pas s'en offusquer !
Une heure trente de bus plus tard , nous rallions BIRETHANTI pour nos premiers pas sacs au dos et « mirettes et écoutilles » en position « extra on ». Puis, après avoir parcouru quelques centaines d'hectomètres dans ce pays hostile, nous optons pour un arrêt au stand, privilégiant le ravitaillement aux performances. Restaurant fort sympathique et de qualité mais proposant un service un tantinet longuet... 2h plus tard donc, nous voilà tous sur le droit chemin, le buste courbé mais le pas certain pour une marche d'environ 4h qui nous conduit vers GHANDRUNG.
La météo est mauvaise (pluie, vent), nous offrant des conditions franchement pas rigolottes (mais après tout, est-on venu ici pour se marrer ?). L'arrivée au lodge intervient peu avant la nuit, le premier briefing estampillé B.P. fait suite à notre excellent premier repas, le ton est donné, l'AMT 2008 semble sur de bons rails !

 

 


















GHANDRUNG (Alt 1 967 m) – DOBHAN (Alt 2 540 m), Mardi 15 Avril, 17h40

 


 

  Je suis « emmitoufflé » dans mon duvet tel un esquimau dans son igloo après notre deuxième marche de liaison, la plus rude, et longue de plus de 6h. Il fait froid (si, si !) et surtout ça pleut, ça grêle et un peu plus haut (là où nous irons demain), ça neige. Notre caméraman préféré, Fabien le bien nommé (tant ses traits sont proches du Fabien national, Barthez celui-là), nous expliquait 3 jours auparavant que la pluie ne s'invitait qu'exceptionnellement à l'AMT en cette saison... disons alors que 2008 semble un peu différent des millésimes précédents car le temps est absolument exécrable, l'orage gronde et les derniers marcheurs encore sur les sentiers doivent trouver le temps long... et humide.


















Nous nous inquiétons pour la montée du lendemain qui doit nous conduire au camp de base du MACHHAPUCHRE situé à une altitude proche des 3 700 m et à coup sûr recouvert de neige. Fort de ces craintes justifiées, j'ai des difficultés à trouver le sommeil, l'excitation monte de plusieurs crans. Je pense à Cécile, aux enfants, aux parents... ils me manquent déjà !

 





DOBHAN (Alt 2 540 m) – MACHHAPUCHRE BASE CAMP (Alt 3 700 m), Mercredi 16 Avril, 13h50,


Eh bien voilà, mon record d'altitude vient de « tomber » : 3 700 m soit plus de 600 m au-dessus du toit de La Réunion; ça fait tout drôle ! Je n'ai pas résisté au plaisir de m'arrêter à une buvette en compagnie de Flore et Stef pour sabrer la bouteille de ... coca (désolé, on fait ce qu'on peut à cette hauteur là, et puis gare au vertige). L'huissier n'a pu être présent pour l'homologation du record, j'espère que la fonction de Stef et que le serment de Flore suffiront ! Qu'importe, le bonheur est ailleurs.


Je suis maintenant recroquevillé dans mon duvet Vallendré (décidément, ça va devenir une habitude) guettant le moindre signe « avant coureur » du mal des montagnes du coureur... Maux de tête, nausée, essoufflement, tout est suspect, tout devient prétexte à l'inquiétude. Non, rien de rien, non, je ne souffre de rien me surprends je à fredonner.

Il faut dire que l'étape du jour fût des plus reposantes. Le rythme choisit m'a permis, outre la séance photo imposée par notre gourou, de bien « imprimer » le paysage (voyez plutôt les clichés : du très grand NEPAL).


17h10,

Je reprends la plume pour relater un deuxième événement : après l'altitude, c'est la NEIGE qui s'invite au rendez vous de l'AMT 2008. Depuis maintenant une vingtaine de minutes, ça tombe sans discontinuer, c'est magique, féérique, AMTique. Le contrôle médical prévu à 16h se fait toujours désiré, j'attends fébrilement qu'on frappe à la porte. Toc, toc ! Ok, nous nous rendons. Bilan plutôt mitigé : plus de 100 battements / minute, plus de 16 de tension mais une saturation en O2 de 84%. Les chiffres se veulent rassurants, pas moi ! Le visage fermé et l'inquiétude à 99%, je regagne ma chambrée pour me préparer au pire : la montée à 5h du mat' vers l'Annapurna Base Camp et le coup de pistolet de cette AMT 2008...






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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 13:59
Vous l'attendiez depuis fort longtemps, il faut bien reconnaître que sous la pression de vos mails, textos et appels en tout genre, je me trouve contrains de rendre les armes. Vous avez gagné, voici :

L'AMT , les yeux dans la course, 1ère partie..


 

ANNAPURNA BASE CAMP (Alt 4 130 m) - TADAPANI (Alt 2 620 m), 42 km, Jeudi 17 Avril, 13h50,

Cette première étape est enfin terminée mais que ce fût dur et éprouvant. Tout avait pourtant bien commencé en ce tôt matin du 17 Avril. Lever à 4h, départ une heure plus tard pour affronter les rigueurs du froid mais qu'importe, quelle pureté, quelle beauté, nous étions tous fascinés par cette atmosphère et cette grandeur. L'excitation était à son comble quand à 7h pétante le départ de cette 8ème Annapurna Mandala Trail fût donné. Le groupe de 50 "foureurs" se laissant d'ailleurs gagné par une euphorie galopante et son ténor aussi, puisque Phu, le bien nommé, se broya la cheville au prix d'un départ canon  et s'effondra aux pieds d'escaliers rendus trop glissants. S'en était donc déjà fini, après une toute petite poignée de secondes pour ce merveilleux Népalais, archi favori de cette course. Aussi, subitement, étonnamment, la cinquantaine de foureurs semblèrent retrouver un peu de raison et pactisèrent pour un début d'épreuve plus modéré. La descente vers CHHOMRONG (Alt 2 010 m) se deroula de fort belle façon pour les 7 réunionnais qui trouvaient ici leur terrain de jeu favori : pierres, branches, racines, rochers glissants, tout était réuni pour faire de cette première étape une belle réussite sportive...
















Les trois premières heures me procurèrent à titre personnel un plaisir intense, les jambes répondaient "présentes" et les sensations étaient bonnes. Je suivais l'excellent tempo donné par dalon Yan, tout se passait à merveille, les paysages s'enchaînaient en nous innondant de bonheur... Somptueux, merveilleux, grandiose... jusqu'à ... CHHOMRONG et ses terribles escaliers (pas glissants ceux là) qu'on comptait par centaine. Yan commencait alors à tourner les jambes plus vite, haussait le ton tandis que je sentais mes épaules s'alourdir et se rapprocher peu à peu du sol... Il faut dire que l'écrasante chaleur n'arrangeait pas les choses ! Je choisis alors de me faire distancer (je devrais plutôt parler de non choix !) et de gérer la fin de course à ma guise.
Au sommet du village, j'optais pour une descente "à l'économie", conservant en point de mire, le grand Stef, le petit Yan, et les 2 adorables coureuses népalaises, Lapka et Nigma. Le mercure continuait de grimper à mesure que je descendais vers la rivière (TIBUJE KHOLA). Le moral lui remontait d'un demi cran jusqu'à ces maudits 800 m de denivelé positif que j'avais occulté. Il faut dire que le sage et expérimenté Pascal Sherpa nous avait prévenu lors du brief d'avant course : "gardez en sous le capot, les amis, cette dernière ascension est redoutable pour celui qui a présumé de ses forces"... tiens, on parle de moi, là, celui qui a présumé du machin, c'est bien moi ! Mon calvaire allait durer de longues et interminables minutes. Couché, debout, à quatre pattes, en avant, en arrière, avec bâton, bouteille de coca dans la main droite puis la gauche, sur la tête, rien n'y faisait. C'est épuisé, sans énergie, vidé, lavé, rincé mais pas ébroué que je regagnais TADAPANI après 6h40 de course. La joie de retrouver le groupe et le sourire carnassier de Yan me réconcilièrent avec l'AMT, pas déçu au final de terminer 10ème avec d'aussi belles images dans la tête et pas que...

























TADAPANI (Alt 2 620 m), DANA (Alt 1 450 m), 37 km, Vendredi 18 Avril, 13h10,

Oui, vous l'aurez remarqué, j'écris ces quelques lignes assez tôt dans l'après-midi, c'est donc plutôt bon signe... Je suis AUX ANGES. Cette deuxième étape fût extraordinaire de plaisir, de bonheur, de "facilité". En course à pied, il y a des moments où sans trop savoir pourquoi, on s'envole. Et bien moi, c'était ce jour là (je ne le savais pas encore, mais il n'y en aura pas d'autres !). Je regrette de n'avoir pu à cet instant précis, gratter un millionnaire, tirer 7 numéros au hazard ou placer mes modestes économies dans les mains expertes d'un courtier en bourse. Qu'importe, le bonheur est ailleurs, et ce jour là, il était dans la montagne (à défaut de pré).
La première montée de l'après petit déjeuner fût pourtant difficile mais immédiatement les choses s'arrangèrent : la majestueuse chaîne Himalayènne nous faisait face ainsi que les impressionnants sommets qui ne manquaient pas de nous narguer en nous prenant de haut. Et puis y avait Bruno qui à coup de " bouges toi, bordel, t'es qu'une larve, avances putain mec, allez, secoues toi, YEAHHH, OUCCHHH, MUUUM"... coupez, la suite ne serait plus convenable. Remarquable coureur ce Bruno P. (qui préfère conserver l'anonymat), un battant, un pur, un dur, comme on n'en trouve plus beaucoup de nos jours et qui n'hésite pas à s'invectiver de manière peu courtoise... C'est donc à trois (puisque Dalon Yan n'est jamais trop loin) que nous décidions d'unir nos forces pour nous lancer à l'assaut de POON HILL (Alt 3 210 m) et de son formidable panorama. Moments sympas puisqu'en redescendant de la colline, nous pûmes croiser les poursuivants et échanger quelques mots de sympathie, mots un peu crispés de Stéf le grand, Pascal, Stéf le militaire et Sylvain qui avaient opté pour un itinéraire plus sinueux et donc forcément plus long... C'est alors que "regonflés", stimulés par cette option payante, nous nous lancions à batons rompus dans cette interminable descente qui nous emmenaient 2 000 m plus bas vers TATOPANI (Alt 1 190 m).















L'arrivée n'était plus très loin et malgré la chaleur, je parvenais à hausser le rythme. Bruno P.  semblait dans un état de grâce, grâce qui était très loin de m'atteindre, je savourais malgré tout l'instant présent en adressant des euphoriques "Namasté"  à tout bout de champ (tiens on se rapproche du pré), des sourires remplis de reconnaissance... merci, merci infiniment de nous accueillir d'aussi belle façon. Les Népalais sont des gens merveilleux que je vous invite à rencontrer, c'est garanti, plaisir assuré. Où en étais-je ? oui... DANA la belle nous tendait les bras et son superbe lodge avec . S'en était donc terminée de cette formidable deuxième étape qui restera longtemps gravé dan mes neurones. 4h57 pour boucler la boucle qui n'en était pas vraiment une, demandez d'ailleurs à Deepak, l'autre favori de la course ce qu'il en pense, lui qui a ommis d'aller prendre l'air à Poon Hill et hérité de 2 h de pénalités (décidemment, il ne fait pas bon d'être favori sur cette AMT...). Ainsi est fait le réglement. Pour ma part, je prenais une inespérée 5ème place, à 20 petites minutes du vainqueur, sa sainteté Sonam 1er.

  

DANA (Alt 1 450 m) - MARPHA (Alt 2 650 m), 34 km, Samedi 19 Avril, 18h20,

Vous l'aurez compris, il est 18h20... cette étape s'est très mal passée. D'abord, le parcours, de longs et CHI... faux plats. De la poussière, du soleil, de la monotonie, on se serait crû sur le Marathon des Sables. Je suis bien plus à l'aise en milieu montagneux et cette étape au milieu des cailloux et au dénivelé sans saveur (un petit 2 200 m) me restera longtemps coincé en travers du gosier. Bon, soyons honnête, ce qui m'aura le plus handicapé aura été le "je vous laisse choisir votre intinéraire, plusieurs sont possibles, à vous de trouver le bon" de Bruno P lors du briefing de la veille... Mouais, et évidemment, à ce jeu là, je ne suis plus grâcieux du tout. Jambes lourdes, esprit embrumé et faux rythme m'ont emmené tout droit vers le mur, et pas du son, ce coup ci ! Vous rajoutez une pincée de piste en plus et vous obtenez un très mauvais crumble. Dans les choux le Seb mais bon, il faut accepter les coups de "moins bien" pour encore mieux apprécier les belles perf. J'ai pas été mauvais sur tout les tableaux, mon canon a décoché des superbes flèches, alors profitez en...






Allons, restons sport et reconnaissons tout de même que cette étape fût également très belle malgré mon modeste 15ème temps en un peu plus de 5h de galère. Je ne bouderais finalement pas au plaisir de déambuler dans les formidables ruelles de MARPHA (Alt 2 650 m) et de m'arrêter en compagnie de Yan, Cédric, Flore et Stef (le notre cette fois-ci) pour savourer un merveilleux crumble accompagné d'un thé tibétain aux arômes exquis. Tourisme vous avez dit tourisme...

  

MARPHA (Alt 2 650 m) - MUKTINATH (Alt 3 800 m), 24 km, Dimanche 20 Avril, 16h00,

Du lourd, du très lourd cette 4ème étape qui devait nous faire décoller à près de 4 000 m d'altitude. Tout a bien commencé ce matin depuis MARPHA où notre pilote préféré pointait le doit vers le haut en nous répétant de façon à peine audible "courez vers le ciel", ou quelque chose dans le genre. Ouais, avant de prendre de la hauteur, fallait d'abord passer par JOMSON (Alt 2 760 m) où j'appercevais fébrilement la piste d'envol... 400m de long, petit tremplin oppotunément érigé en fin de tarmac et adroitement positionné à l'aplomb d'un énorme effondrement ! Notre retour en avion à la fin du séjour s'annonce musclé. Bref, je me reconcentre sur l'objectif du jour, gagner MUKTINATH les alvéoles élargies et la bouche aussi grande qu'est la beauté de ce pays. Quelques frayeurs ont parcouru mon esprit lorsque nous fûmes contraints de suivre les méandres de la rivière KALI GANDAKI mais se sont rapidement dissipées à l'approche de KAGBENI (Alt 2 840 m) où le sentier s'est enfin décidé à relever le niveau (le courbe !). Stef le grand (alias Denis RICHE) ne partagera pas mon avis, lui qui, comme il l'exprime si bien, part à la manière d'un cheval de course pour finir à l'instar d'un vulgaire mulet.. Les 43 anes classés derrière lui apprécieront la métaphore !



 
















C'est en longeant la merveilleuse vallée du MUSTANG (on retrouve nos fameux chevaux !) que nous atteignons avec un bonheur indescriptible les villages de JHARKOT et MUKTINATH. Vraiment, sans tomber dans le sensatio-extra-méga-fabulo-merveillo-avouscoupélespato, je dois bien reconnaître que ce que je vis dans l'instant est EXTRAORDINAIRE. Merci aux miens, mes parents, mes enfants et à ma moitié de me laisser savourer égoïstement ces moments de pur bonheur. Je pense très fort à vous et ne souhaite qu'une seule chose : vous avoir ici et maintenant pour partager cette fabuleuse aventure.


















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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 08:14
Comment cette aventure a-t-elle bien pu se terminer ? voici l'épilogue de cette AMT 2008 que d'aucun qualifie de course du siècle...

L'AMT , les yeux dans la course, dernière partie..


 

MUKTINATH (Alt 3 800 m) - MUKTINATH (Alt 3 800 m), Lundi 24 Avril, 17h50,

Journée de repos extrêmement salutaire pour tous les coureurs. Il faut dire qu'après 7 journées consécutives d'effort "altitudinesque", les troupes avaient grand besoin de se ressourcer. Cette étape est donc parfaitement placée pour "refaire le plein d'énergie" mais également pour s'acclimater à l'atitude. Séances photos, contrôle médical, visite d'un temple Hindou et pour finir petite balade d'acclimatation (histoire de "tourner les jambes" qui avaient tendance à s'enkyloser, les pauvres !). Pour l'instant, et on croise les jambes, notre adaptation à l'altitude est excellente (ma tension n'a jamais été aussi basse... mais comment être stressé dans un tel environnement ? ).


 

 


















MUKTINATH (Alt 3 800 m) - MANANG (Alt 3 540 m), 35 km, Mardi 22 Avril, 14h20,

Et bien la voilà, la fameuse étape qui nous faisait tant peur... et on comprend mieux pourquoi : lever à 3h du matin pour un départ à 4h avec au menu l'ascension du THORUNG LA situé à 5 416 m d'altitude... Pour moi et mes dalons qui n'avions jamais franchi le cap des 3 070m, c'est un sacré saut ! L'appréhension est forte cette nuit lorsque nous nous élançons à l'assaut du plus haut col du monde. Nous disposons d'un temps maximum de 5h pour atteindre le point culminant de l'étape, le chronomètre n'intervenant donc pas pour cette première partie. La course est ainsi neutralisée afin d'éviter des grimpettes trop rapides (rassurez vous, je n'y songeais même pas) et de risquer le trop célèbre M.A.M (non, pas notre vénérée ministre mais le redoutable Mal Aigü des Montagnes). Et pourtant, en dépit de ces précautions, nous avons frôlé la catastrophe. Fabien, notre caméraman (avec à son actif des dizaines de sommets à plus de 5 000), et Sylvain, ont connu des sueurs très très froides... Le premier, à quelques centaines de mètres du sommet, s'est senti divagué et à sollicité de l'aide pour accomplir ses derniers pas (aussi lourds mais hélas moins célèbres que ceux de son illustre accolyte, Armstrong !) "J'ai vu ma vie défiler et ai commencé à pleurer, sans raison" nous narre-t-il à l'arrivée avec une immension émotion. "Je ne savais plus où j'allais, je me sentais partir d'une lente et douce mort. C'était agréable, je me trouvais dans un état second". L'oedème cérébral était tout proche... merci à ceux qui se trouvaient à ses côtés à cet instant et qui lui ont sans doute sauvé la vie. 

  















Pour le second, Sylvain, l'ascension ne fût pas une résurrection mais davantage un vrai chemin de croix... Dès les premiers hectomètres, son pas devînt incertain, mal assuré, son rythme baissant de plusieurs crans : ^*£ù@-^$£}+°  me glissa t-il entre deux respirations difficiles. La suite fût moins drôle. Violents maux d'estomac, douleurs à la tête, nausées et perte d'équilibre. Dans la descente du col, Sylvain vacille, dérape et chute de plusieurs mètres dans un ravin. Par miracle, il contrôle comme il peut sa descente aux enfers et parvient à ébranler la loi de la pesanteur. Un sherpa vole alors à son secours et le hisse sur la terre ferme. Notre Sylvain repart, très secoué, égratigné mais surtout bien conscient que le pire a été évité de peu.  Ces accidents montrent qu'en montagne tout peut prendre des proportions dramatiques. Lapka, l'une des deux coureuses Népalaises, et pourtant accoutumée à ce milieu, a elle aussi vécu une étape des plus difficiles. Le Mal des montagnes n'épargne personne, même les plus aguéries.
Au regard des événements de cette journée, je ne parlerai ni de chrono, ni de classement, cela n'aurait aucun sens. Ma course s'est bien déroulée, j'ai surtout pris un immense plaisir à évoluer dans ces montagnes magiques, puissantes, féériques.


Marathon de MANANG (Alt 3 540 m), 38 km, Mercredi 23 Avril, 16h00,

Réaliser un marathon à cette altitude... je ne pensais pas que ce serait possible... et pourtant, nous l'avons fait. La tâche fût ardue car accomplir ces 38 kms dans de telles conditions et avec un dénivelé positif de près de 1 200m, c'était loin d'être gagné. D'autant que ma forme du matin était tout sauf en forme, justement : rhume, début de fièvre, gorge irritée, bref, le diagnostic n'était pas fameux. L'autre difficulté s'appelait Stéphane, qui comptait une petite trentaine de minutes de retard sur mon temps au général. J'étais loin d'être serein d'autant que le peloton optait pour partir à une allure vertigineuse, bluffé par notre Stéphane à nous, bien décidé à brouiller les cartes et auteur d'un cent mètre à "la Ben Johnson"... Les premières foulées fûrent difficiles, ce départ canon m'asphixiait. Le seul objectif que je m'étais assigné était de suivre le grand stéphane coûte que coûte. Le moindre centimètre perdu pouvant vite se convertir en de nombreuses minutes, il allait falloir "s'arracher". La sixième place au général se jouait aujourd'hui, ce serait donc la seule étape où "j'allais la jouer vraiment compet", occultant ce que j'étais venu chercher, des images, du plaisir et du bonheur plein la tête.














Les dix premiers kilomètres furent extrêmement roulants me permettant de conserver mon adversaire du jour en ligne de mire. La première bosse du parcours allait s'avérer déterminante pour jauger de notre état de forme respectif. Et à priori, mes jambes "répondaient mieux", de bonne augure pour la suite, pensais-je. Prudemment, je décidai de me transformer en Ulrich en restant sagement dans sa foulée, conservant du "jus" pour l'assaisonner un peu plus tard... Et justement, quelques kilomètres plus loin, se dressait un immense mur. L'heure de vérité avait sonné et le glas pour Stéphane aussi (...) . Le mental gonflé à bloc, j'accélérai le pas et volai vers les sommets. Du plaisir dans l'effort et la récompense de consolider et d'assurer ma 6ème place au général. De fait, la fin de l'étape devînt grandiose, merveilleuse, jouissive. Mes sensations atteignant le nirvana, merci Bouddha.
Cette journée fût sublissime, et pas seulement pour les 4h09 réalisées... ce que j'aime cette insousciance, cette quiétude qui semblent habiter nos hôtes, ces "namaste" à tout bout de champs. J'adore ces hauts somets, cette nature, puissante, forte, indestructible et si fragile à la fois... J'AIME CE NEPAL !
  



MANANG (Alt 3 540 m) - Hight Camp (4 800m) - JOMOSON (2 750 m), 2 étapes de 18 kms et 30 kms environ, Jeudi 24 et vendredi 25 Avril,

ça y est, c'est fini ! beaucoup de choses à raconter depuis hier. Très difficile journée de jeudi avec une sérieuse grippe qui m'a cloué au lit une bonne partie de l'après midi. Il faut dire que je la sentais venir depuis le marathon de Manang. Douleurs de tête, fièvre et fatigue m'ont sérieusement handicapé lors de l'ascension du HIGHT CAMP (4 800m). Ainsi, après un départ prudent, j'ai commencé à ressentir une sorte de pression qui me "scotchait au sol" et de multiples vertiges. La sagesse m'a alors incité à réduire l'allure (avais je d'autres alternatives ?) de manière à "regagner l'écurie" sans trop de dégâts. Je savais que le final serait rude et que la dernière ascension vers les 4 800 m s'annonçait comme redoutable mais je savais aussi que la difficulté nivellerait les vitesses de chacun. Il fallait donc limiter "la casse" et réduire les écarts, ce que je parvîns à faire. Le panorama offert sur cette étape fût merveilleux, jugez en par vous même :


Je passai mon après-midi consigné dans ma chambrée, allité et tremblant de sueurs. Ma grippe semblait prendre une mauvaise tournure. Par bonheur, Maryse, le médecin de course, me prodiguait les soins nécessaires et me "remit sur pieds" pour la dernière étape, grand merci à elle pour sa gentillesse et sa compétence. La nuit passée à A.M.B. (Altitude Mont Blanc) fût parfaite et me permît de bien me reposer. J'étais alors "d'attaque" pour ce lever à 4h15 et de nouveau prêt à affronter ce nouveau passage au THORONG LA (5 416 m). Le début de course fût difficile, l'apoxie n'étant décidément pas ma meilleure compagne en cette fin d'AMT. Pas grave, l'objectif de ce dernier parcours était, outre de repousser les assauts de mes poursuivants immédiats au général (Stef et Pascal), mais bien davantage "d'en prendre encore une fois plein les mirettes".  Je m'efforçais donc de respirer à plein poumon cet oxygène de bonheur, à m'imprégner de chaque molécule de plaisir, à ouvrir tous mes sens pour savourer, humer, jubiler et m'extasier devant de telles merveilles.
Ne m'en voulez pas trop mais je préfère garder mienne cette fin d'aventure, juste pour moi.

Cette A.MT. restera sans l'ombre d'un doute la course la plus difficile mais aussi la plus merveilleuse qu'il m'ait été donnée de vivre. Merci donc à Bruno P. (cet illustre anonyme...) et à BASE CAMP TREK pour sa parfaite organisation, merci aux coureuses, aux coureurs, trekeuses, trekeurs, pour avoir donné autant de relief à cette aventure, merci enfin à tous les miens de m'avoir permis de réaliser ce petit rêve et de l'avoir partager avec moi.

"Il n'y a point de chemin vers le bonheur, le bonheur est le chemin" (Bouddha).

Je dédie ces quelques lignes à un ami que je n'ai pas eu la chance de connaître mais qui restera présent à nos côtés. A toi, NIL.




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21 juin 2008 6 21 /06 /juin /2008 18:38

Formidable journée en ce 21 juin, accessoirement fête de la musique, où nos 12 courageux A2Rien(ne)s ont pu joué une superbe partition. sur un parcours très aérien de cette 4ème édition de l'arc en ciel.

63 kms où chacun a pu composer librement  sa propre mélodie...



Hommages à nos valeureux A2Riens :

- Yan,             30ème en 8h47,      
- Isabelle,      103ème en 10h07,
- Bruno,          112ème en 10h12,
- Stéphane J., 120ème en 10h19,
- Joël,            123ème en 10h20,
- Philippe Ch.,  166ème en 10h55,
- Nico,            171ème en 10h59,
- Stef D.,        225ème en 11h30,
- Dany et Philippe G., 280ème en 11h58,
- Flore,             392ème en 13h21,
- M. Agnès,        452ème en 14h03.

BRAVO à toutes et tous

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7 juin 2008 6 07 /06 /juin /2008 10:34
Avec du retard certes mais comment ne pas féliciter nos deux mâles A2Riens qui ont su porté haut nos couleurs lors de ce trophée des lions.
Excellentes places de 80ème pour Dany et 82ème pour Flo, nos deux accolytes s'étant livré un véritable chat ssé croisé terminant à moins de 2 minutes l'un de l'autre...

Bravo à tous les 2.



































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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 08:36

Nous voici tous les 7 rentrés du Népal, une aventure exceptionnelle, marvellous, fantastic... je n'ai pas assez de superlatifs pour qualifier l'AMT mais un conseil : JUST DO IT !

De nombreux récits sont en préparation, un rendu à Futura est programmé pour dans quelques semaines, vous allez vibrés !
Dans l'attente, "petite mise en bouche" avec in live le Thorong Pass à 5 416 m d'altitude. (1)



(1) Traduction francophone
Nous voici tous les 7 rentrés du Népal, une aventure exceptionnelle, marvellous, fantastic... je n'ai pas assez de superlatifs pour qualifier l'AMT, peut être un simple conseil : JUST DO IT !

De nombreux récits sont en préparation, un rendu à Futura est programmé pour dans quelques semaines, vous allez vibrés !
Dans l'attente, "petite mise en bouche" avec in live le Thorong Pass à 5 416 m d'altitude.

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22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 16:07

 L'heure des préparatifs pour l'AMT a sonné cette après midi, et on m'a dit : " ne remets jamais à demain..." (proverbe népalais, je crois).
La totalité des affaires que je souhaitais emporter est arrivée à bonne destination, manque plus qu'à soigneusement rangé le tout dans un sac de 35 l...




C'est sûr que vu comme ça, c'est un peu le bazard...

Et comme ça, c'est pas mieux ?



Ouais, pas terrible ! Donc, si on détaille :
- le sac intégrant porte bidons qui intègre 2 bidons,
- les affaires de rechange CHAUDES,
- le sac de couchage -15° tout en plumes (même qui parait qu'elles ont été ramassées à la main, vu le prix, j'aurais plutôt dit avec une pince les yeux bandés),
- les fringues de course incluant notamment mes bâtons de dynamite.. et mes hardrock de 7 lieux,
- le matos divers, lampe frontale, crèmes en tout genre (avant coup de soleil, pendant, après), lunette indice4, infra rouge, supra violet,
- et la fameuse pharmacie, qui occupe la moitié de la table mais se montre très discrète dans le sac.

Bon tout ça mis dessus dessous, ça remplit à ras bord le sac et pèse environ 6 kg et quelques cacahouètes. Me manque encore 2, 3 babioles et le compte devrait faire 7-8  kg sans la flotte.

C'est pas trop mal, pourvu que j'ai rien oublié !


Remise à jour le 29 Mars : tout est dans le sac pour un poids final de 7,5 Kg, ne ferais pas mieux car tout est nécessaire.

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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 15:46
Eh oui, sachez chers A2Riens que France Inter pense à vous... Ecoutez plutôt, c'est pas mal...

http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/lateteaucarre/index.php?id=64360



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26 janvier 2008 6 26 /01 /janvier /2008 13:03
Merci à notre doc national de nous briefer sur MAM... 


Mal d'altitude : symptômes et diagnostic personnel

Il existe peu de moyens pour prédire la réaction de l'organisme à la raréfaction de l'oxygène en haute altitude. Aussi, la règle d'or consiste à monter très graduellement. Lors d'un trekking, les randonneurs éprouvent à un moment ou l'autre certains inconforts sinon malaises. Les causes peuvent être diverses : fatigue, changement des habitudes alimentaires et, bien sûr, difficulté d'acclimatation. Comment alors reconnaître les symptômes du mal d'altitude ? J'ai relevé dans la documentation deux approches qui m'ont semblé intéressantes. Il s'agit d'outils et non d'une bible.

Approche Janin et Bardiau

Christine Janin (1992), alpiniste et médecin, propose, à titre indicatif, une grille classant les symptômes du MAM de même qu'une méthode pour aider les trekkers à poser un diagnostic personnel et à identifier la conduite à tenir en cas de mal d'altitude.

Mal d'altitude léger

mal de tête cédant aux analgésiques ;
difficulté à dormir ;
perte d'appétit et nausée.

Mal d'altitude modéré

mal de tête persistant malgré les analgésiques ;
insomnie ;
perte d'appétit et nausée.

Mal d'altitude sévère

nausée et vomissements fréquents ;
troubles de l'équilibre ;
troubles de coordination (gestes maladroits) ;
souffle court et toux sèche ;
pouls au repos supérieur à 100 pulsations/min. ;
difficulté à uriner.

Symptômes du MAM

Symptômes

Points

 Mal de tête cédant aux analgésiques

1

 Nausée légère 

1

 Perte d'appétit

1

 Insomnie

1

 Mal de tête résistant aux analgésiques/vomissement

2

 Pouls élevé au repos/fatigue anormale/urine difficile

3

 

 

 

Diagnostic personnel

Score

Degré MAM

Conduite à tenir

1 à 3 points

léger

analgésique

4 à 5 points

modéré

stopper la montée/analgésique

6 points et +

sévère

descente accompagnée immédiate

 

Approche Himalayan Rescue Association

L'Himalayan Rescue Association propose un outil similaire pouvant être utile lors d'un trekking au Népal. Pour établir le diagnostic : comptabilisez le nombre de points indiqués pour chacun des symptômes énumérés dans chacun des trois groupes et calculez le score.

Symptômes du MAM

Symptômes

Points

Symptômes bénins :
1. grande fatigue; 2. mal de tête; 3. nausée; 4. perte d'appétit; 5. sensation de vertige; 6. insomnie.

1

Symptômes aggravés type 1 :
1. vomissements; 2. maux de tête violents ne cédant pas aux analgésiques
.

2

Symptômes aggravés type 2 :
1. essoufflement anormal à l'effort; 2. toux sèche et irritante; 3. crachats rosés; 4. essoufflement même au repos; 5. rétention urinaire.

3

 

 

 

Diagnostic personnel

Score

Degré MAM

Conduite à tenir

1 à 3 points

léger

 analgésique
 24 heures à la même altitude

4 à 6 points

modéré

 repos, médicaments (Diamox)
 réévaluation des symptômes après repos

7 points et +

sévère

 descente accompagnée immédiate ou  évacuation selon gravité des symptômes

 

Source des informations :
Philippe Bardiau et Christine Janin (1992)
Himalayan Rescue Association

 

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